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La technologie n’explique pas la montée des inégalités : la corruption, oui !

En 2011, avant que le Congrès dominé par la droite ne puisse mener à bien son entreprise, plus de 7 % des déclarations de revenus dans cette tranche faisaient l’objet d’un contrôle fiscal ; un chiffre qui n’a rien d’excessif, compte tenu des nombreuses possibilités de fraude à ce niveau. Cela ne signifie pas pour autant que 7 % des personnes gagnant plus d’un million de dollars ont fini en prison – rien de tel, évidemment – mais les contrôles étaient généralisés, ce qui, entre autres, dissuadait les contribuables de tricher. En 2019, à peine huit ans plus tard, ce taux était passé de 7,2 % à 0,7 %. En d’autres termes, presque aucun contribuable à hauts revenus ne faisait l’objet d’un contrôle pour suspicion de fraude fiscale. Pourquoi une telle situation ? L’IRS avait subi des coupes budgétaires drastiques. Des réductions massives – de l’ordre de 25 à 30 % en tenant compte de l’inflation, et une baisse d’environ 40 % des effectifs chargés de l’application de la loi fiscale. Or, il s’avère que contrôler la situation fiscale d’une personne à très hauts revenus coûte beaucoup plus cher que celle d’un contribuable ordinaire. Pour un ouvrier, un employé de bureau ou un travailleur à revenu moyen qui omettrait de déclarer certains revenus, il est souvent très difficile de frauder le fisc ; et s’ils y parviennent, il est généralement assez simple de démêler la situation. Le contrôle fiscal des contribuables ordinaires est donc peu coûteux. À l’inverse, contrôler les millionnaires et les milliardaires – pour reprendre un langage à la Bernie Sanders – coûte très cher.